Les figures de la vie politique française
Jacques Chaban-Delmas
Biographie & héritage politique
Jacques Chaban-Delmas est un résistant, plusieurs fois président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre de la « Nouvelle Société ». Présenté en 1969, ce projet de modernisation sociale se traduit notamment par le remplacement du SMIG par le SMIC et par la loi de 1971 sur la formation professionnelle continue. Son parcours associe culture parlementaire et gaullisme social.
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Gaullisme et droite républicaine

Sommaire de la biographie
Comprendre le parcours
Résistance, Bordeaux, Assemblée nationale et Nouvelle Société
Jacques Chaban-Delmas entre dans la vie publique par la Résistance intérieure, où il exerce des responsabilités militaires avant la Libération. Élu député de la Gironde en 1946 puis maire de Bordeaux en 1947, il associe durablement implantation locale et carrière nationale. Il préside l’Assemblée nationale de 1958 à 1969, avant que Georges Pompidou le nomme Premier ministre. Il retrouvera ensuite la présidence de l’Assemblée à deux reprises, de 1978 à 1981 et de 1986 à 1988. [1] [2] [3]
À Matignon, de 1969 à 1972, il présente la « Nouvelle Société », un programme qui accorde une place importante à la négociation sociale et à la modernisation de l’État. La création du SMIC en 1970 et la loi sur la formation professionnelle continue de 1971 en constituent des repères concrets. Le projet ne se réduit donc pas à une formule de discours. Sa candidature présidentielle de 1974 se termine au premier tour, mais cet échec ne clôt ni son parcours parlementaire ni son activité bordelaise. La distinction entre chef de gouvernement, candidat et président d’assemblée est centrale pour comprendre sa carrière. [1] [2] [4]
Des réponses précises
Questions sur le parcours
Qu’est-ce que la « Nouvelle Société » de Chaban-Delmas ?
C’est le projet présenté par Jacques Chaban-Delmas lorsqu’il est Premier ministre, en 1969. Il vise une modernisation des relations sociales et de l’État : il ne s’agit pas d’un parti politique. Ce programme se distingue de ses autres responsabilités de résistant, maire de Bordeaux et président de l’Assemblée nationale à trois périodes différentes. [1] [2]
Que change la loi de formation professionnelle de 1971 ?
Elle organise la formation continue et impose une participation financière aux employeurs d’au moins dix salariés. Le taux prévu pour 1972 est de 0,80 % des salaires. La réforme appartient au gouvernement Chaban-Delmas et donne une traduction concrète à son projet de Nouvelle Société. [2] [5]
Chaban-Delmas a-t-il perdu la confiance de l’Assemblée en 1972 ?
Non. En mai 1972, il obtient la confiance des députés par 368 voix contre 96. Il annonce néanmoins sa démission le 5 juillet, en raison de ses divergences avec Georges Pompidou. La notice de l’Assemblée nationale documente ces deux événements. Cet épisode illustre la différence entre le soutien parlementaire à un gouvernement et la relation politique entre le président de la République et son Premier ministre : une majorité favorable à l’Assemblée ne lui a pas assuré de rester à Matignon. [6]
Au-delà d’une étiquette
Les lignes de force
Ces choix datés permettent de situer le parcours par sujet. Leur rapprochement constitue une lecture éditoriale ; les références renvoient aux faits retenus.
- Réforme sociale
- La Nouvelle Société de 1969 vise une modernisation des rapports sociaux ; le SMIC et la formation continue en donnent deux traductions. [2]
- Formation professionnelle
- La participation financière des employeurs organisée en 1971 fournit un instrument durable, au-delà du discours général sur le dialogue social. [5]
- Vie parlementaire
- Ses trois périodes à la présidence de l’Assemblée structurent une carrière qui se poursuit après Matignon et la présidentielle de 1974. [1]
La chronologie
Les étapes qui comptent
- 1943-1944
Joue un rôle de premier plan dans la Résistance intérieure et devient délégué militaire national.
Sources et repères de cette étape
- 1947
Après son élection comme député de la Gironde en 1946, devient maire de Bordeaux en 1947.
Sources et repères de cette étape
- 1958
Devient le premier président de l’Assemblée nationale de la Ve République.
Sources et repères de cette étape
- 1969-1972
Dirige le gouvernement de Georges Pompidou et présente le projet de « Nouvelle Société ».
Sources et repères de cette étape
- 1974
Candidat gaulliste à l’élection présidentielle, il est éliminé au premier tour.
Sources et repères de cette étape
Télécharger les chronologies et leurs documents (CSV)
Fonctions et mandats
- Délégué militaire national de la Résistance
- Maire de Bordeaux (1947-1995)
- Président de l’Assemblée nationale
- Premier ministre (1969-1972)
Pour situer le parcours : Assemblée nationale — Jacques Chaban-Delmas. Les documents des repères ci-dessous précisent les faits retenus ; cette seule référence ne couvre pas chaque étape.
Se situer dans le paysage politique
Le repère gauche–droite
Période retenue 1969–1974
- Extrême gauche
- Gauche
- Centre gauche
- Centre
- Centre droit
- Droite — position retenue
- Extrême droite
Gaullisme social ; le projet de « Nouvelle Société » nuance le classement à droite.
Pourquoi ce classement ?
Classement éditorial ordinal, fondé sur la famille politique, la période et les positions décrites dans la notice. Aucune mesure numérique de conviction. Une plage signale une position intermédiaire ou une évolution.
Pour Jacques Chaban-Delmas, cette lecture s’appuie sur les positions exposées dans la biographie et sur les documents cités dans la notice. Elle ne situe pas automatiquement ses héritiers ou son ancien parti aujourd’hui.
Lire les positions par sujet · Vérifier les référencesLes scrutins en chiffres
Les résultats à l’élection présidentielle
Résultats nationaux en pourcentage des suffrages exprimés. Les deux tours correspondent à des choix électoraux différents. Les barres utilisent toutes la même échelle, de 0 à 100 %.
| Élection et source | Premier tour | Second tour |
|---|---|---|
| 1974 | 15,11 % | Non qualifié |
Chaque année renvoie à sa source. Les blancs, les nuls et l’abstention ne sont pas inclus dans les suffrages exprimés. Les résultats de 1965 à 2002 proviennent d’une archive du site de l’Élysée ; ceux de 2007 à 2017 des archives du ministère de l’Intérieur. L’archive de 1969 publie le second tour à une décimale. Ce tableau porte uniquement sur les candidatures présidentielles.
Décisions, contexte et conséquences
Comprendre les enjeux du parcours
La Nouvelle Société : quelle traduction dans le travail ?
Le programme présenté en 1969 trouve une traduction dans deux instruments. Le SMIC remplace le SMIG en 1970. L’année suivante, la loi organise la formation professionnelle continue et son financement par les employeurs d’au moins dix salariés. Pour 1972, leur participation est fixée à 0,80 % des salaires. [2] [5]
Le premier instrument touche la rémunération minimale ; le second permet de financer l’accès à la formation au cours de la vie professionnelle. Cette distinction donne un contenu concret au projet de modernisation sociale de Chaban-Delmas. Les dispositifs sont adoptés par le Parlement et portés par plusieurs membres du gouvernement ; ils ne constituent pas des décisions personnelles du seul Premier ministre. [2] [5]
1974 : un échec présidentiel dans une longue carrière parlementaire
Jacques Chaban-Delmas obtient 15,11 % des suffrages exprimés au premier tour de la présidentielle de 1974. Il ne se qualifie pas pour le second tour. Ce résultat intervient après son passage à Matignon, de 1969 à 1972, où il a présenté son projet de « Nouvelle Société ». L’expérience gouvernementale ne se transforme donc pas en victoire présidentielle. [2] [4]
Sa carrière parlementaire suit pourtant une autre trajectoire. Il préside l’Assemblée nationale de 1958 à 1969, puis retrouve le perchoir de 1978 à 1981 et de 1986 à 1988. Ces retours, postérieurs à l’échec de 1974, montrent la différence entre une compétition nationale au suffrage direct et une responsabilité exercée au sein du Parlement. [1]
Sa place historique tient également à la Résistance, reconnue par l’Ordre de la Libération. Trois dimensions se croisent ainsi : l’engagement dans la Libération, la direction des travaux parlementaires et l’action d’un Premier ministre. Le scrutin de 1974 reste indispensable pour comprendre ses limites électorales, mais il ne clôt ni sa présence institutionnelle ni l’histoire de ses responsabilités. [1] [3] [4]
Mettre en perspective
Après la formation professionnelle de 1971, les lois Auroux de 1982 permettent de suivre un autre volet des droits des salariés dans l’entreprise.
Pierre Mauroy — 1982 : les droits des salariésComparer les responsabilités et les effets
La Nouvelle Société à travers deux réformes
Chaque ligne précise l’action, le résultat attesté et la limite du document cité. Un vote, une réforme, un mandat ou une décision judiciaire ne mesurent pas le même type de résultat.
| Épisode et documents | Rôle et action | Résultat documenté | Ce qu’on peut en conclure |
|---|---|---|---|
| 1971–19721971 : obliger les employeurs à financer la formation | Chef du gouvernement Faire participer les employeurs d’au moins dix salariés au financement de la formation. |
Une obligation financée à hauteur de 0,80 % des salaires pour 1972. | Le taux décrit le dispositif initial, pas les règles actuelles. |
19701970 : du SMIG au SMICDocuments |
Chef du gouvernement Modifier le dispositif de salaire minimum. |
Le SMIC remplace le SMIG. | Le nom du dispositif ne suffit pas à mesurer les gains de pouvoir d’achat. |
Comparaison éditoriale fondée sur les documents liés. Elle distingue les événements établis de leur interprétation et ne constitue pas un classement des personnalités. Télécharger les comparaisons des 50 notices (CSV).
Notre lecture du parcours
Héritage et choix politiques
La Nouvelle Société se lit dans le salaire et la formation
Le remplacement du SMIG par le SMIC en 1970 et la loi de 1971 sur la formation professionnelle donnent deux traductions à la Nouvelle Société : agir sur les revenus du travail et sur les possibilités d’évolution professionnelle. Le gaullisme social de Chaban-Delmas prend ici la forme de règles nationales, au-delà d’un discours de modernisation des relations sociales.
Documents de cette analyse
Matignon et l’Assemblée : deux façons d’exercer le pouvoir
Chaban-Delmas porte un programme à Matignon, mais préside aussi l’Assemblée durant trois périodes distinctes. Le gouvernement propose et conduit une politique ; la présidence de l’Assemblée organise le travail d’une institution représentative. Cette double expérience explique pourquoi son parcours ne se résume ni à la candidature présidentielle ni à son projet de 1969.
Documents de cette analyse
Lecture éditoriale : les documents établissent les faits cités ; le rapprochement et son interprétation sont ceux de Politiquement.org.
Vérifier et approfondir
Les faits, leurs sources, leur portée
Repère 1
Un chef militaire de la Résistance
Jacques Chaban-Delmas exerce des responsabilités majeures dans la Résistance intérieure et reçoit la dignité de Compagnon de la Libération.
Lecture et portée de ce repère
Notre lecture. Cette expérience fonde une légitimité personnelle antérieure à ses mandats électifs.
La notice retient les responsabilités attestées ; elle ne raconte pas l’ensemble des réseaux et opérations de la Résistance.
- Ordre de la Libération — Jacques Chaban-Delmas
Source institutionnelle · consulté le 17 septembre 2026
Repère 2
Le projet de « Nouvelle Société »
Premier ministre, il présente en septembre 1969 un programme de modernisation sociale et administrative connu sous le nom de « Nouvelle Société ».
Lecture et portée de ce repère
Notre lecture. Le projet exprime un gaullisme social plus ouvert au dialogue et à l’autonomie des acteurs.
Il s’agit d’une orientation gouvernementale située entre 1969 et 1972, non d’un programme intemporel attribuable à toutes les familles gaullistes.
- Gouvernement — Jacques Chaban-Delmas à Matignon
Source institutionnelle · consulté le 17 septembre 2026
Repère 3
Seize années à la présidence de l’Assemblée
Jacques Chaban-Delmas préside l’Assemblée nationale de 1958 à 1969, de 1978 à 1981 et de 1986 à 1988.
Lecture et portée de ce repère
Notre lecture. Cette durée explique son identification au parlementarisme de la Ve République.
La fonction ne signifie pas qu’il endosse personnellement chaque vote ou décision de l’Assemblée.
- Assemblée nationale — Jacques Chaban-Delmas
Source institutionnelle · consulté le 17 septembre 2026
Repère 4
1971 : la formation professionnelle
La loi du 16 juillet 1971 organise la formation professionnelle continue sous le gouvernement Chaban-Delmas.
Lecture et portée de ce repère
Notre lecture. Elle donne une traduction législative à la modernisation sociale annoncée en 1969.
Le dispositif résulte du travail gouvernemental, des négociations sociales et du vote du Parlement ; son bilan ne se réduit pas au Premier ministre.
- Gouvernement — Jacques Chaban-Delmas
Notice institutionnelle · consulté le 21 septembre 2026
Repère 5
1970 : du SMIG au SMIC
Le SMIC remplace le SMIG en 1970, pendant le gouvernement Chaban-Delmas.
Lecture et portée de ce repère
Notre lecture. Le salaire minimum devient un des instruments de la politique de revenus de la Nouvelle Société.
Le changement de mécanisme ne signifie pas que tous les salaires évoluent de la même manière.
- Gouvernement — Jacques Chaban-Delmas
Notice institutionnelle · consulté le 21 septembre 2026
Repère 6
1971 : obliger les employeurs à financer la formation
La loi du 16 juillet 1971 prévoit une participation des employeurs occupant au moins dix salariés au financement de la formation continue ; le taux fixé pour 1972 est de 0,80 % des salaires.
Lecture et portée de ce repère
Notre lecture. La formation devient une obligation organisée et financée, au-delà du discours de la Nouvelle Société.
Il s’agit du régime initial de 1971–1972, pas des règles applicables aux entreprises aujourd’hui.
- Loi du 16 juillet 1971 — formation professionnelle continue, articles 13 et 14
Texte législatif historique · consulté le 22 septembre 2026
Documentation
Les références de cette notice
Les liens permettent de revenir aux documents. Une source secondaire est identifiée comme telle ; la présence d’une référence institutionnelle ne valide pas toutes les interprétations de la page.
- Assemblée nationale — Jacques Chaban-Delmas
Source institutionnelle · consulté le 17 septembre 2026
Passages documentés par cette référence
- Biographie, paragraphe 1
- Biographie, paragraphe 2
- Seize années à la présidence de l’Assemblée
- 1974 : un échec présidentiel dans une longue carrière parlementaire — paragraphe 2
- 1974 : un échec présidentiel dans une longue carrière parlementaire — paragraphe 3
- Lignes de force : Vie parlementaire
- Qu’est-ce que la « Nouvelle Société » de Chaban-Delmas ?
- Chronologie : 1947
- Chronologie : 1958
- Analyse : Matignon et l’Assemblée : deux façons d’exercer le pouvoir
- Gouvernement — Jacques Chaban-Delmas
Notice institutionnelle · consulté le 21 septembre 2026
Passages documentés par cette référence
- Biographie, paragraphe 1
- Biographie, paragraphe 2
- Le projet de « Nouvelle Société »
- 1971 : la formation professionnelle
- 1970 : du SMIG au SMIC
- La Nouvelle Société : quelle traduction dans le travail ? — paragraphe 1
- La Nouvelle Société : quelle traduction dans le travail ? — paragraphe 2
- 1974 : un échec présidentiel dans une longue carrière parlementaire — paragraphe 1
- Lignes de force : Réforme sociale
- Qu’est-ce que la « Nouvelle Société » de Chaban-Delmas ?
- Que change la loi de formation professionnelle de 1971 ?
- Chronologie : 1969-1972
- Analyse : La Nouvelle Société se lit dans le salaire et la formation
- Analyse : Matignon et l’Assemblée : deux façons d’exercer le pouvoir
- Citation et contexte
- Ordre de la Libération — Jacques Chaban-Delmas
Source institutionnelle · consulté le 17 septembre 2026
- Résultats de la présidentielle 1974 — archive du site de l’Élysée
Archive institutionnelle reproduisant les résultats du Journal officiel · consulté le 21 septembre 2026
- Loi du 16 juillet 1971 — formation professionnelle continue, articles 13 et 14
Texte législatif historique · consulté le 22 septembre 2026
Passages documentés par cette référence
- Assemblée nationale — Chaban-Delmas, vote de confiance et démission
Source institutionnelle
Passages documentés par cette référence
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Citer cette notice ou un fait précis
Nicolas Belotti, « Jacques Chaban-Delmas », Politiquement.org, biographie politique, version du 22 septembre 2026. https://www.politiquement.org/personnalites-politiques/jacques-chaban-delmas/. Ajoutez votre date de consultation. Pour un fait précis, utilisez son lien permanent et citez également le document original.
Responsabilité éditoriale : Nicolas Belotti. Rédaction et révision assistées par une IA. Les analyses et classements sont éditoriaux ; ils ne constituent pas une certification par un historien indépendant.
Publié le 17 septembre 2026 · Révisé le 22 septembre 2026. Corpus initial : 17 septembre 2026. Citation ajoutée vérifiée le 21 septembre 2026.
Notice historique approfondie : Résistance, Bordeaux, présidence de l’Assemblée, Nouvelle Société et présidentielle de 1974. Elle ne constitue pas une histoire complète de la politique bordelaise.
Lignes de force réécrites et documentées ; références rapprochées des paragraphes ; approfondissements ciblés et exports synchronisés. Révision éditoriale du 22 septembre 2026. Consultation ciblée des documents nouveaux ; les dates des faits anciens sont conservées. Cette révision ne constitue pas une nouvelle vérification exhaustive des sources anciennes.
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