Les figures de la vie politique française
Alain Poher
Biographie & héritage politique
Alain Poher préside le Sénat de 1968 à 1992 et assure deux intérims à la présidence de la République : en 1969 après la démission de de Gaulle, puis en 1974 après le décès de Pompidou. Finaliste de la présidentielle de 1969, il porte aussi un engagement européen, notamment la ratification française de la Convention européenne des droits de l’homme en 1974.
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Centre démocrate, libéral et européen

Sommaire de la biographie
Comprendre le parcours
Le Sénat, deux intérims présidentiels et l’engagement européen
Alain Poher appartient à la tradition démocrate-chrétienne et entre au Conseil de la République en 1946. Son engagement européen le conduit à présider l’Assemblée des Communautés européennes de 1966 à 1969. Élu président du Sénat en 1968, il conserve cette responsabilité jusqu’en 1992. C’est cette fonction qui lui permet d’assurer l’intérim à l’Élysée après la démission de Charles de Gaulle en 1969, puis après le décès de Georges Pompidou en 1974. Il exerce donc les fonctions présidentielles sans avoir remporté une élection présidentielle. [1] [2]
Poher est néanmoins candidat en 1969 : il atteint le second tour, où Georges Pompidou l’emporte. En 1974, il choisit de ne pas se présenter. Durant ce second intérim, il dépose les instruments de ratification de la Convention européenne des droits de l’homme. Entre les deux épisodes, en 1971, sa saisine du Conseil constitutionnel contribue à l’examen de la loi sur les associations. Le parcours rassemble ainsi trois formes d’intervention distinctes : la compétition électorale, la continuité de l’exécutif et le contrôle de la loi depuis la présidence du Sénat. [1] [2]
Des réponses précises
Questions sur le parcours
Pourquoi Alain Poher a-t-il été président de la République deux fois ?
Comme président du Sénat, il assure l’intérim après la démission de de Gaulle en 1969 puis après la mort de Pompidou en 1974. Il n’est pas élu à l’Élysée : candidat en 1969, il est battu au second tour ; en 1974, il ne se présente pas. [1] [2]
Quel acte européen marque le second intérim de Poher ?
Le 6 mai 1974, il dépose à Strasbourg les instruments de ratification de la Convention européenne des droits de l’homme. Cette convention relève du Conseil de l’Europe, une organisation distincte des Communautés européennes. [1]
Alain Poher est-il candidat à la présidentielle de 1974 ?
Non. Il assure l’intérim après la mort de Georges Pompidou mais ne se présente pas. Sa candidature présidentielle concerne le scrutin de 1969. [1]
Quel rôle Alain Poher joue-t-il dans la décision sur les associations de 1971 ?
Il saisit le Conseil constitutionnel comme président du Sénat. Le Conseil, et non Poher, décide ensuite de censurer certaines dispositions du texte. [1]
Alain Poher disposait-il de tous les pouvoirs présidentiels pendant l’intérim ?
Non. L’article 7 lui confie provisoirement les fonctions présidentielles, mais exclut notamment les pouvoirs des articles 11 et 12 : le référendum prévu par le premier et la dissolution prévue par le second. Il assure une transition vers une nouvelle élection. [2] [4]
Au-delà d’une étiquette
Les lignes de force
Ces choix datés permettent de situer le parcours par sujet. Leur rapprochement constitue une lecture éditoriale ; les références renvoient aux faits retenus.
- Contre-pouvoir parlementaire
- Sa saisine de 1971 permet au Conseil constitutionnel d’examiner le texte sur les associations ; la censure appartient au Conseil. [1]
- Europe et libertés
- La présidence de l’Assemblée européenne puis la ratification de la Convention des droits de l’homme jalonnent son engagement européen. [1]
La chronologie
Les étapes qui comptent
- 1946
Entre au Conseil de la République dans la famille démocrate-chrétienne du MRP.
Sources et repères de cette étape
- 1966-1969
Préside le Parlement européen avant son élection à la tête du Sénat.
- 1968
Est élu président du Sénat, fonction qu’il conserve jusqu’en 1992.
- 1969
Assure l’intérim après la démission de Charles de Gaulle puis affronte Georges Pompidou au second tour de l’élection présidentielle.
Sources et repères de cette étape
- 1974
Après la mort de Georges Pompidou, assure l’intérim présidentiel du 2 avril au 27 mai 1974, sans se présenter à l’élection qui suit.
Sources et repères de cette étape
Télécharger les chronologies et leurs documents (CSV)
Fonctions et mandats
- Président du Parlement européen (1966-1969)
- Président du Sénat (1968-1992)
- Président de la République par intérim en 1969 et 1974
Pour situer le parcours : Sénat — Alain Poher. Les documents des repères ci-dessous précisent les faits retenus ; cette seule référence ne couvre pas chaque étape.
Se situer dans le paysage politique
Le repère gauche–droite
Période retenue 1968–1992
- Extrême gauche
- Gauche
- Centre gauche
- Centre — position retenue
- Centre droit
- Droite
- Extrême droite
Centre démocrate et européen ; priorité à l’équilibre des institutions.
Pourquoi ce classement ?
Classement éditorial ordinal, fondé sur la famille politique, la période et les positions décrites dans la notice. Aucune mesure numérique de conviction. Une plage signale une position intermédiaire ou une évolution.
Pour Alain Poher, cette lecture s’appuie sur les positions exposées dans la biographie et sur les documents cités dans la notice. Elle ne situe pas automatiquement ses héritiers ou son ancien parti aujourd’hui.
Lire les positions par sujet · Vérifier les référencesLes scrutins en chiffres
Les résultats à l’élection présidentielle
Résultats nationaux en pourcentage des suffrages exprimés. Les deux tours correspondent à des choix électoraux différents. Les barres utilisent toutes la même échelle, de 0 à 100 %.
| Élection et source | Premier tour | Second tour |
|---|---|---|
| 1969 | 23,31 % | 41,8 % |
Chaque année renvoie à sa source. Les blancs, les nuls et l’abstention ne sont pas inclus dans les suffrages exprimés. Les résultats de 1965 à 2002 proviennent d’une archive du site de l’Élysée ; ceux de 2007 à 2017 des archives du ministère de l’Intérieur. L’archive de 1969 publie le second tour à une décimale. Ce tableau porte uniquement sur les candidatures présidentielles.
Décisions, contexte et conséquences
Comprendre les enjeux du parcours
1971 et 1974 : protéger les libertés par deux institutions
Président du Sénat, Poher saisit le Conseil constitutionnel en 1971 au sujet du texte sur les associations. Le Conseil censure certaines dispositions : l’intervention de Poher ouvre le contrôle, mais la décision appartient à l’institution collégiale. [1]
Pendant son second intérim à l’Élysée, en mai 1974, il dépose les instruments de ratification de la Convention européenne des droits de l’homme. Cette étape engage la France dans le cadre conventionnel ; elle se distingue du contrôle constitutionnel interne. La première action porte sur une loi avant sa promulgation, la seconde sur un engagement international. Ces deux épisodes précisent l’héritage de Poher au-delà de la durée de ses intérims. [1]
Documents du dossier
1969 et 1974 : pourquoi le président du Sénat assure-t-il l’intérim ?
En cas de vacance de la présidence de la République, l’article 7 confie provisoirement les fonctions présidentielles au président du Sénat. La démission de de Gaulle en 1969, puis la mort de Pompidou en 1974 placent ainsi Alain Poher à l’Élysée. Il ne reçoit pas pour autant un mandat présidentiel de sept ans. [2] [4]
L’intérim assure la continuité de l’État pendant l’organisation de l’élection. Certains pouvoirs en sont exclus, notamment le recours au référendum prévu par l’article 11 et la dissolution de l’Assemblée prévue par l’article 12. Ces restrictions évitent de confondre une transition institutionnelle avec une présidence issue du suffrage. [4]
Les deux épisodes diffèrent politiquement. En 1969, Poher est candidat et atteint le second tour face à Pompidou. En 1974, il ne se présente pas ; son intérim s’étend du 2 avril au 27 mai. Déposer les instruments de ratification de la Convention européenne des droits de l’homme, le 6 mai, reste un acte marquant de cette seconde période. [1] [2]
Mettre en perspective
La saisine de 1971 précède l’élargissement de 1974 : suivre ces deux étapes permet de comprendre l’accès au contrôle constitutionnel.
Valéry Giscard d’Estaing — L’élargissement du contrôle constitutionnelComparer les responsabilités et les effets
Deux interventions pour les libertés
Chaque ligne précise l’action, le résultat attesté et la limite du document cité. Un vote, une réforme, un mandat ou une décision judiciaire ne mesurent pas le même type de résultat.
| Épisode et documents | Rôle et action | Résultat documenté | Ce qu’on peut en conclure |
|---|---|---|---|
| 19711971 : saisir le Conseil constitutionnel sur les associations | Président du Sénat Saisir le Conseil constitutionnel du texte sur les associations. |
Certaines dispositions sont censurées. | Poher déclenche le contrôle ; la décision est celle du Conseil. |
6 mai 19741974 : la ratification de la Convention européenneDocuments |
Président de la République par intérim Déposer les instruments de ratification de la CEDH. |
La France accomplit cette étape de son engagement conventionnel. | La ratification et les mécanismes de recours ultérieurs ont des chronologies distinctes. |
Comparaison éditoriale fondée sur les documents liés. Elle distingue les événements établis de leur interprétation et ne constitue pas un classement des personnalités. Télécharger les comparaisons des 50 notices (CSV).
Notre lecture du parcours
Héritage et choix politiques
L’intérim assure la continuité sans nouveau mandat électoral
Poher occupe provisoirement l’Élysée en 1969 et en 1974 parce qu’il préside le Sénat. Il se présente à l’élection de 1969, mais pas à celle de 1974. La distinction est décisive : assurer la continuité de l’État ne donne pas un mandat présidentiel élu, et une candidature n’est pas une condition de l’intérim.
- Deux intérims à la présidence de la République
- 1974 : un intérim sans candidature
- Le second tour de 1969
Documents de cette analyse
1971 : un contre-pouvoir par la saisine
En saisissant le Conseil constitutionnel sur le texte relatif aux associations, Poher utilise une compétence de président du Sénat. La décision de censure appartient ensuite au Conseil. Cet épisode montre une influence exercée par la procédure constitutionnelle : provoquer un contrôle peut compter autant, dans l’histoire des libertés, que conduire directement une réforme gouvernementale.
Documents de cette analyse
Lecture éditoriale : les documents établissent les faits cités ; le rapprochement et son interprétation sont ceux de Politiquement.org.
Vérifier et approfondir
Les faits, leurs sources, leur portée
Repère 1
La plus longue présidence du Sénat
Alain Poher préside le Sénat d’octobre 1968 à octobre 1992.
Lecture et portée de ce repère
Notre lecture. Cette durée exceptionnelle fait de lui un défenseur central du bicamérisme sous la Ve République.
La présidence de l’institution ne signifie pas que chaque position du Sénat lui soit personnellement imputable.
- Sénat — Alain Poher
Source institutionnelle · consulté le 17 septembre 2026
Repère 2
Deux intérims à la présidence de la République
Il exerce les fonctions présidentielles après la démission de Charles de Gaulle en 1969 puis après la mort de Georges Pompidou en 1974.
Lecture et portée de ce repère
Notre lecture. Ces intérims illustrent le mécanisme constitutionnel de continuité de l’État confié au président du Sénat.
Un intérim est juridiquement encadré et ne se confond pas avec un mandat présidentiel obtenu au suffrage universel.
- Élysée — Alain Poher
Source institutionnelle · consulté le 17 septembre 2026
Repère 3
Le second tour de 1969
Candidat à l’élection présidentielle de 1969, Alain Poher atteint le second tour face à Georges Pompidou.
Lecture et portée de ce repère
Notre lecture. Sa candidature révèle l’existence d’un espace centriste et non gaulliste, mais aussi ses difficultés à agréger durablement la gauche et le centre.
L’analyse des coalitions relève de l’histoire électorale ; elle ne vaut pas équivalence entre leurs programmes.
- Élysée — Alain Poher
Source institutionnelle · consulté le 17 septembre 2026
Repère 4
1974 : la ratification de la Convention européenne
Pendant son second intérim, Alain Poher dépose à Strasbourg les instruments de ratification de la Convention européenne des droits de l’homme, le 6 mai 1974.
Lecture et portée de ce repère
Notre lecture. Un intérim présidentiel peut ainsi comporter des actes diplomatiques durables.
Il s’agit de la Convention du Conseil de l’Europe, à distinguer des traités des Communautés européennes.
- Sénat — Alain Poher
Source institutionnelle · consulté le 17 septembre 2026
Repère 5
1966–1969 : la présidence européenne
Alain Poher préside l’Assemblée des Communautés européennes de mars 1966 à mars 1969.
Lecture et portée de ce repère
Notre lecture. Son européanisme précède ses intérims à l’Élysée.
Cette assemblée n’est pas encore élue au suffrage universel direct, qui sera introduit en 1979.
- Sénat — Alain Poher
Source institutionnelle · consulté le 17 septembre 2026
Repère 6
1974 : un intérim sans candidature
Alain Poher assure l’intérim présidentiel du 2 avril au 27 mai 1974, sans se présenter à l’élection qui suit.
Lecture et portée de ce repère
Notre lecture. Le choix de 1974 diffère de celui de 1969, lorsqu’il avait lui-même été candidat.
Assurer la continuité des fonctions présidentielles ne vaut pas investiture électorale.
- Sénat — Alain Poher, les deux intérims présidentiels
Notice institutionnelle rétrospective · consulté le 21 septembre 2026
Repère 7
1971 : saisir le Conseil constitutionnel sur les associations
En juillet 1971, Alain Poher saisit le Conseil constitutionnel du texte relatif aux associations ; certaines dispositions sont déclarées inconstitutionnelles.
Lecture et portée de ce repère
Notre lecture. La présidence du Sénat lui permet de déclencher un contrôle de la loi avant sa promulgation.
La notice sénatoriale documente la saisine. La décision appartient au Conseil constitutionnel, et non à Poher personnellement.
- Sénat — Alain Poher, notice biographique
Source institutionnelle · consulté le 21 septembre 2026
Documentation
Les références de cette notice
Les liens permettent de revenir aux documents. Une source secondaire est identifiée comme telle ; la présence d’une référence institutionnelle ne valide pas toutes les interprétations de la page.
- Sénat — Alain Poher
Source institutionnelle · consulté le 17 septembre 2026
Passages documentés par cette référence
- Biographie, paragraphe 1
- Biographie, paragraphe 2
- La plus longue présidence du Sénat
- 1974 : la ratification de la Convention européenne
- 1966–1969 : la présidence européenne
- 1974 : un intérim sans candidature
- 1971 : saisir le Conseil constitutionnel sur les associations
- 1971 et 1974 : protéger les libertés par deux institutions — paragraphe 1
- 1971 et 1974 : protéger les libertés par deux institutions — paragraphe 2
- 1969 et 1974 : pourquoi le président du Sénat assure-t-il l’intérim ? — paragraphe 3
- Lignes de force : Contre-pouvoir parlementaire
- Lignes de force : Europe et libertés
- Lignes de force : Continuité de l’État
- Pourquoi Alain Poher a-t-il été président de la République deux fois ?
- Quel acte européen marque le second intérim de Poher ?
- Alain Poher est-il candidat à la présidentielle de 1974 ?
- Quel rôle Alain Poher joue-t-il dans la décision sur les associations de 1971 ?
- Chronologie : 1946
- Chronologie : 1966-1969
- Chronologie : 1968
- Chronologie : 1974
- Analyse : L’intérim assure la continuité sans nouveau mandat électoral
- Analyse : 1971 : un contre-pouvoir par la saisine
- Élysée — Alain Poher
Source institutionnelle · consulté le 17 septembre 2026
Passages documentés par cette référence
- Biographie, paragraphe 1
- Biographie, paragraphe 2
- Deux intérims à la présidence de la République
- Le second tour de 1969
- 1969 et 1974 : pourquoi le président du Sénat assure-t-il l’intérim ? — paragraphe 1
- 1969 et 1974 : pourquoi le président du Sénat assure-t-il l’intérim ? — paragraphe 3
- Lignes de force : Continuité de l’État
- Pourquoi Alain Poher a-t-il été président de la République deux fois ?
- Alain Poher disposait-il de tous les pouvoirs présidentiels pendant l’intérim ?
- Chronologie : 1969
- Analyse : L’intérim assure la continuité sans nouveau mandat électoral
- Résultats de la présidentielle 1969 — archive du site de l’Élysée
Archive institutionnelle reproduisant les résultats du Journal officiel · consulté le 21 septembre 2026
- Conseil constitutionnel — Constitution, article 7
Texte constitutionnel · article 7
Article 7 : vacance présidentielle et exceptions aux pouvoirs du président du Sénat.
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Citer cette notice ou un fait précis
Nicolas Belotti, « Alain Poher », Politiquement.org, biographie politique, version du 22 septembre 2026. https://www.politiquement.org/personnalites-politiques/alain-poher/. Ajoutez votre date de consultation. Pour un fait précis, utilisez son lien permanent et citez également le document original.
Responsabilité éditoriale : Nicolas Belotti. Rédaction et révision assistées par une IA. Les analyses et classements sont éditoriaux ; ils ne constituent pas une certification par un historien indépendant.
Publié le 17 septembre 2026 · Révisé le 22 septembre 2026. Corpus initial : 17 septembre 2026.
Notice historique approfondie : Sénat, deux intérims présidentiels, candidature de 1969 et engagement européen. Elle ne détaille pas chacun de ses mandats locaux ou parlementaires.
Lignes de force réécrites et documentées ; références rapprochées des paragraphes ; approfondissements ciblés et exports synchronisés. Révision éditoriale du 22 septembre 2026. Consultation ciblée des documents nouveaux ; les dates des faits anciens sont conservées. Cette révision ne constitue pas une nouvelle vérification exhaustive des sources anciennes.
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